The Story
« Gamin, mon père m’emmenait régulièrement à la Pagode. Lui et quelques amis de Saigon la co-fondèrent après leur arrivée en France dans les années 60. Sur le côté de la bâtisse, la pièce dédiée au culte des ancêtres rassemblait des centaines de petits portraits noirs et blancs. Le visage de mon grand-père, que je n’ai pas connu, flottait dans le brouillard d’encens et de défunts anonymes. Je ne comprenais pas sa langue, pourtant, j'écoutais son histoire. Le monde des esprits devint mon refuge et bien des années plus tard, Ink Kingdom, ma patrie de substitution. » - Trúc-Anh, 2022
Depuis 2010, Trúc-Anh construit et déconstruit Ink Kingdom, un ensemble de portraits fantomatiques dans lequel s’entrechoquent une pléthore de langages picturaux. Hurlants ou murmurants, séduisants ou terrifiants, sombres ou lumineux. Les règles de la figuration se transforment perpétuellement. Elles empruntent à l’héritage bouddhique de l’artiste l’un de ses principes fondateurs : l’impermanence de toute chose et tout être.
Chacune des créatures s’exprime dans sa propre grammaire, témoignant de la civilisation, réelle ou fictive, dont elle s’est échappée. Les pistes semblent truffées d’illusions. À s’y méprendre, on pourrait croire que les œuvres sont le fait de plusieurs auteurs, réalisées lors d’époques différentes. C’est pourtant au cœur d’un maillage de paradoxes que se dessine une identité.
Le projet de livre Ink Kingdom naît dès 2016, d’une collaboration entre la Galerie Sator, Trúc-Anh et son ami et directeur artistique Régis Tosetti. Ils conçoivent ce premier opus comme un carnet de voyages intérieurs, aussi compact qu’énigmatique, dans lequel se rencontrent 88 personnages et 8 textes de 8 auteurs invités. Au centre de l’ouvrage se glisse un poème de 8 strophes de l'artiste. Les 88 œuvres, sélectionnées parmi plusieurs centaines, furent produites et exposées dans les différentes villes d’Europe, d’Asie et d’Amérique où Truc-Anh a habité. Le papier, facile à transporter, s’est alors imposé avec évidence comme le médium du nomade.
Prolongeant l’idée de démultiplication des langages, les titres des œuvres utilisent plusieurs alphabets, tels que le latin, le cyrillique, l’alphasyllabaire éthiopien, le kanji japonais ou le chữquốc ngữ vietnamien. Trúc-Anh a également invité 8 auteurs internationaux rencontrés au fil de son parcours, afin d’interpréter dans un format littéraire totalement libre le portrait de leur choix. Un dialogue fictif, un haïku, un essai anthropologique, etc. Chacune de leurs propositions, dissimulée dans une page à rabat, opère comme une porte dérobée. Elles convient le lecteur à explorer ce labyrinthe psychique sous différentes perspectives.
Enfin, le duo Napo People a collaboré avec le typographe Elliot Grunwald afin de générer une police de caractère qui puisse se transformer au cours du livre. Ils se fondent sur la typographie néo-classique Bodoni, créée en 1798 pour inventer « des petits monstres mutants et des sculptures d’encres ». La variation des lettres tisse une langue changeante au fil des pages et fait résonner la démarche collective dans son ensemble. Dans Ink Kingdom, Vol.1, l’encre peinte, écrite, typographiée et imprimée revêt mille aspects et célèbre ce qui, à travers les différences apparentes, relie bien des étrangers.
Éd.500
88 oeuvres
8 auteurs (Muriel Enjalran, Marc Donnadieu, Philippe Dagen, Nguyễn Hoàng Quyên, Mai Hua, Melissa Unger, Charlotte Cosson et Arlette Quynh Anh Tran)
Direction artistique : Regis Tosetti & Simon Palmieri
Avec le soutien du Centre National des Arts Plastiques (CNAP) et de la Galerie Quynh
© Éditions Sator

Details & Craftsmanship
Every detail has been carefully considered to bring you the perfect product.

Details & Craftsmanship
Every detail has been carefully considered to bring you the perfect product.

Details & Craftsmanship
Every detail has been carefully considered to bring you the perfect product.

Details & Craftsmanship
Every detail has been carefully considered to bring you the perfect product.
Description
« Gamin, mon père m’emmenait régulièrement à la Pagode. Lui et quelques amis de Saigon la co-fondèrent après leur arrivée en France dans les années 60. Sur le côté de la bâtisse, la pièce dédiée au culte des ancêtres rassemblait des centaines de petits portraits noirs et blancs. Le visage de mon grand-père, que je n’ai pas connu, flottait dans le brouillard d’encens et de défunts anonymes. Je ne comprenais pas sa langue, pourtant, j'écoutais son histoire. Le monde des esprits devint mon refuge et bien des années plus tard, Ink Kingdom, ma patrie de substitution. » - Trúc-Anh, 2022
Depuis 2010, Trúc-Anh construit et déconstruit Ink Kingdom, un ensemble de portraits fantomatiques dans lequel s’entrechoquent une pléthore de langages picturaux. Hurlants ou murmurants, séduisants ou terrifiants, sombres ou lumineux. Les règles de la figuration se transforment perpétuellement. Elles empruntent à l’héritage bouddhique de l’artiste l’un de ses principes fondateurs : l’impermanence de toute chose et tout être.
Chacune des créatures s’exprime dans sa propre grammaire, témoignant de la civilisation, réelle ou fictive, dont elle s’est échappée. Les pistes semblent truffées d’illusions. À s’y méprendre, on pourrait croire que les œuvres sont le fait de plusieurs auteurs, réalisées lors d’époques différentes. C’est pourtant au cœur d’un maillage de paradoxes que se dessine une identité.
Le projet de livre Ink Kingdom naît dès 2016, d’une collaboration entre la Galerie Sator, Trúc-Anh et son ami et directeur artistique Régis Tosetti. Ils conçoivent ce premier opus comme un carnet de voyages intérieurs, aussi compact qu’énigmatique, dans lequel se rencontrent 88 personnages et 8 textes de 8 auteurs invités. Au centre de l’ouvrage se glisse un poème de 8 strophes de l'artiste. Les 88 œuvres, sélectionnées parmi plusieurs centaines, furent produites et exposées dans les différentes villes d’Europe, d’Asie et d’Amérique où Truc-Anh a habité. Le papier, facile à transporter, s’est alors imposé avec évidence comme le médium du nomade.
Prolongeant l’idée de démultiplication des langages, les titres des œuvres utilisent plusieurs alphabets, tels que le latin, le cyrillique, l’alphasyllabaire éthiopien, le kanji japonais ou le chữquốc ngữ vietnamien. Trúc-Anh a également invité 8 auteurs internationaux rencontrés au fil de son parcours, afin d’interpréter dans un format littéraire totalement libre le portrait de leur choix. Un dialogue fictif, un haïku, un essai anthropologique, etc. Chacune de leurs propositions, dissimulée dans une page à rabat, opère comme une porte dérobée. Elles convient le lecteur à explorer ce labyrinthe psychique sous différentes perspectives.
Enfin, le duo Napo People a collaboré avec le typographe Elliot Grunwald afin de générer une police de caractère qui puisse se transformer au cours du livre. Ils se fondent sur la typographie néo-classique Bodoni, créée en 1798 pour inventer « des petits monstres mutants et des sculptures d’encres ». La variation des lettres tisse une langue changeante au fil des pages et fait résonner la démarche collective dans son ensemble. Dans Ink Kingdom, Vol.1, l’encre peinte, écrite, typographiée et imprimée revêt mille aspects et célèbre ce qui, à travers les différences apparentes, relie bien des étrangers.
Éd.500
88 oeuvres
8 auteurs (Muriel Enjalran, Marc Donnadieu, Philippe Dagen, Nguyễn Hoàng Quyên, Mai Hua, Melissa Unger, Charlotte Cosson et Arlette Quynh Anh Tran)
Direction artistique : Regis Tosetti & Simon Palmieri
Avec le soutien du Centre National des Arts Plastiques (CNAP) et de la Galerie Quynh
© Éditions Sator























